dimanche 22 avril 2012

Ce que j'aime

 


Les hommes, les femmes.
Le bon vin, les mets délicats.
Le soleil, les histoires qui finissent bien.

Le crépitement du feu, la chaleur d'une cheminée.
La franchise, la sincérité, l'engagement, les personnes vraies.
Le chocolat, la chaleur d'un bon café.
Visiter les musées, les monuments.
Le goût de la peau, la saveur d'un baisé.
Écouter de la musique, découvrir les gens.
Les belles lingeries, le parfum.
Le sourire d'un enfant, leurs bras tendus.
Là méditerrané, les promenades sur le bord de mer.
La France, la Sardaigne.
L'automne pour ses couleurs, le printemps pour ses odeurs.
Les couchers de soleil, la rosée du matin.
L’ivresse des sentiments, la joie du partage.
Les échanges, le parler vrai avec mon partenaire ou ma partenaire.
Mes pleurs libérateurs, mes colères salvatrices.
Aimer, vivre.

mercredi 4 avril 2012

Un an déjà

Un an que je suis moi, un an que je vis, un an que je suis opérée.
Le 04/04/2011 mon entrée au centre hospitalier Lyon-sud (service d'urologie) pour une vaginoplastie.
Un besoin vital de vivre ma renaissance, toute seule, un moment tout à moi et une chambre individuelle et pas de visite.
Le 05/04/2011 réveil à six heures pour me préparer pour le bloc, 7 heures me voilà au bloc entouré de toute l'équipe.Après quatre heures d'intervention, une hémorragie et deux heures pour le réveil me voilà dans ma chambre entourée de moniteurs, de tubes et d'une douleur grandissante entre mes jambes.
Me voilà débarrassé de cette inutile chose, je me sens mieux même si la douleur physique se fait de plus en plus présente, comme un dernier signe de mon passé qui ne veut pas mourir et me laisser vivre ma nature.
Ma première nuit de femme libre, agitée avec le va et viens du personnel soignant qui veille sur moi et sur mon entre jambes meurtries.

Les jours comme les nuits, se ressemblent et ne sont qu'une suite de soins, de piques de douleur, tous semblent aller pour le mieux jusqu'au troisième jour, une autre hémorragie plus importante, que celle faite au bloc.
Après les soins d'urgence et la pose d'un pansement compressif, me voilà avec une poche de plus celle-ci est rouge, le lendemain encore deux poches.
Deux jours pendants lesquelles les médecins se réunissent autour de moi pour faire le point et prendre la décision d'un retour au bloc ou pas, deux jours d'angoisse et de doute sur mon état.
La douleur se fait plus vive avec le pansement compressif et rend mes nuits plus difficiles, je ne dis qu'il faut tenir au bout de tout cela il y a ma vie de femme.
Je me sens coupable de dire que j'ai mal et me dis rien, jusqu'au jour ou une des infirmières me dit que j'ai le droit de dire que j'ai mal et que je ne dois pas me sentir coupable de quoi que ce soit. 
Au sixième jour je suis libérée de mon pansement compressif et le conformateur est, lui aussi retiré je suis en mesure de refermer mes jambes non sans mal, je dois l'avouer et que dire de mon premier pipi de femme, toute une histoire.
Ce jour-là, mes dilatateurs sont devenus mes compagnons pour la vie (oui il me faut me dilaté tous les jours), mes premières dilatations n'ont pas été plaisantes.
Aujourd'hui je suis heureuse de vivre ma vie de femme et je connais le prix qu'il faut payer pour être une femme que ce soit moralement ou physiquement, voilà ce qui me rend différente d'une femme biologique.

jeudi 1 mars 2012

Le petit garçon est devenu grande

Le petit garçon est devenu grand.
Que de chemin parcouru par ce petit garçon qui très tôt affirmait être une petite fille.
Ce petit garçon qui voulait une poupée pour ses dix ans pour être comme les autres filles.
Ce petit garçon qui a grandi dans le déni de ses maux et souffrances physiques, morales.
Ce petit garçon devenu homme trop tôt à la mort de son bourreau.
Cet homme qui a protégé les siens et mis sa vie, ses besoins de côté.
Cet homme est devenue femme.
Cette femme est libre d'être et vivre.

vendredi 10 février 2012

Une épine, une rose

Je suis épine pour mieux me protéger et ne pas être désirée.
Je suis épine pour ne pas être aimée ou importunée.
Je suis épine pour ne pas être considérée.
Je suis épine pour ne pas susciter l'envie.
Je suis épine pour ne pas être blessée.
Mais si votre regard se pose sur moi, je revis et espère.
Si vous me taillez, je deviens rosier.
Si vous me posez des tuteurs, je grandis et m'épanouis.
Si vous me prenez la main, je suis rose et fleurie.
Si vous devenez soleil je me pare de couleurs.


jeudi 9 février 2012

Ma grande chance


Ma grande chance avoir connu une fois dans ma vie le grand amour celui qui vous marque et pour lequel on donne son âme.
Pour moi cela a été aussi mon premier amour, cela s’est fait tardivement (31 ans), pas de tableau de chasse, ni regrets.
Ce grand amour, celui qui donne la sérénité à sa seule évocation et donne sens à une vie.
Vivre toutes absences de l’autre comme une blessure, de celle qui transforme votre jardin secret fertile en désert aride, stérile et que seul le retour de l’être aimé peut rendre à nouveau fertile.
Le grand amour qui fait que si demain ne devait pas être, vous partez en paix et avec la sérénité d’avoir bien vécu.
Cet amour pour qui le soit n’est plus et laisse place à l’autre, celui qui fait que tous semblent possibles.
Le grand amour qui vous fait oublier que la vie peut être une souffrance et pour lequel vous vous oubliez pour ne voir que l’autre.
Le grand amour celui qui vous change, vous, rend plus forte, plus humaine.
Ce grand amour à un prenons, Fabienne oui une femme et pas un homme c’est in-ci, les sentiments ne sont sexués que part notre éducation et les codes de vies imposées par notre société.
Aujourd’hui cet amour n’est plus, mais il reste en moi comme une seconde peau.
Nos routes se font en parallèle l’une de l’autre oui nous sommes restés de bonne amie et vivons sous le même toit nous sommes colocataires.
Elle s’est remise du mal que je lui ai fait et revit un grand amour avec un homme qui semble être une belle personne.
Je ne peux que lui souhaiter de vivre pleinement ses besoins et envies, je sais qu’ils sont grands et nombreux.