mercredi 4 avril 2012

Un an déjà

Un an que je suis moi, un an que je vis, un an que je suis opérée.
Le 04/04/2011 mon entrée au centre hospitalier Lyon-sud (service d'urologie) pour une vaginoplastie.
Un besoin vital de vivre ma renaissance, toute seule, un moment tout à moi et une chambre individuelle et pas de visite.
Le 05/04/2011 réveil à six heures pour me préparer pour le bloc, 7 heures me voilà au bloc entouré de toute l'équipe.Après quatre heures d'intervention, une hémorragie et deux heures pour le réveil me voilà dans ma chambre entourée de moniteurs, de tubes et d'une douleur grandissante entre mes jambes.
Me voilà débarrassé de cette inutile chose, je me sens mieux même si la douleur physique se fait de plus en plus présente, comme un dernier signe de mon passé qui ne veut pas mourir et me laisser vivre ma nature.
Ma première nuit de femme libre, agitée avec le va et viens du personnel soignant qui veille sur moi et sur mon entre jambes meurtries.

Les jours comme les nuits, se ressemblent et ne sont qu'une suite de soins, de piques de douleur, tous semblent aller pour le mieux jusqu'au troisième jour, une autre hémorragie plus importante, que celle faite au bloc.
Après les soins d'urgence et la pose d'un pansement compressif, me voilà avec une poche de plus celle-ci est rouge, le lendemain encore deux poches.
Deux jours pendants lesquelles les médecins se réunissent autour de moi pour faire le point et prendre la décision d'un retour au bloc ou pas, deux jours d'angoisse et de doute sur mon état.
La douleur se fait plus vive avec le pansement compressif et rend mes nuits plus difficiles, je ne dis qu'il faut tenir au bout de tout cela il y a ma vie de femme.
Je me sens coupable de dire que j'ai mal et me dis rien, jusqu'au jour ou une des infirmières me dit que j'ai le droit de dire que j'ai mal et que je ne dois pas me sentir coupable de quoi que ce soit. 
Au sixième jour je suis libérée de mon pansement compressif et le conformateur est, lui aussi retiré je suis en mesure de refermer mes jambes non sans mal, je dois l'avouer et que dire de mon premier pipi de femme, toute une histoire.
Ce jour-là, mes dilatateurs sont devenus mes compagnons pour la vie (oui il me faut me dilaté tous les jours), mes premières dilatations n'ont pas été plaisantes.
Aujourd'hui je suis heureuse de vivre ma vie de femme et je connais le prix qu'il faut payer pour être une femme que ce soit moralement ou physiquement, voilà ce qui me rend différente d'une femme biologique.

2 commentaires:

  1. Que de courage il a du vous falloir !
    Être soumise ne se voit pas mais se vit ...
    Je vous souhaite de trouver celui qui saura vous mener sur ce chemin car on y trouve la passion mais soyez prudente !
    Amicalement
    chilina (ici où là
    http://sensuellementf.canalblog.com/)

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